retour

Mise en musique de l'ecole d'architecture de Paris-Belleville
2005-2009
1% artistique - Ministère de la Culture et de la Communication - 2006

 

Quatre zones d’intervention sont identifiées dans la construction. Un seul dessin continu, conçu pour les sols, unifie la lecture du parcours de la cour Villette, au sud, à la cour Burnouf, au nord, en passant par le hall central et le jardin.
Les tracés qui prolifèrent sur les sols de l'école sont directement issus de mon système de traduction spatiale de la musique sarde des launeddas qui permet une mise en musique du bâtiment.
Les pentagones traduisent visuellement les pentacordes qui correspondent aux échelles musicales de cinq notes des mains droite et gauche de l’instrument.


Partition gravée dans les dalles de la cour Villette et de la cour Burnouf


Ces chapes de béton sont divisées en grandes surfaces géométriques délimitées par les joints de fractionnement.
La partition se déploie de manière identique sur le sol de la cour Villette, de la grille d’entrée jusqu’à la marquise et sur le sol de la cour Burnouf de l’escalier jusqu’à la grille d’entrée. La suite pentagonale est tracée par des joints creux d’une largeur et d’un traitement identique à ceux qui seront gravés dans le reste du bâtiment. A la différence des dalles rugueuses, agglomérées et chargées de matière du jardin, les pentagones des cours sont uniquement représentés par leurs contours gravés dans la chape.


Pièce sonore moulée dans la chape du hall central


Dans le hall d’entrée, la progression pentagonale qui pénètre par la marquise, est constituée d’un réseau de tubes noyés dans la chape de béton. Dans cette partie couverte et protégée du parcours, la pièce sonore est fonctionnelle. La structure souterraine est anchée, donc jouable. On peut souffler dans les anches pour obtenir les notes des bourdons coulés dans le sol. Pour permettre la circulation dans le hall, les anches ne sont pas fixées sur des tubes mais amovibles. Pour mettre en vibration les colonnes d’air contenues dans la chape, les anches viennent s’emboîter dans des logements tournés sur mesure et noyés dans le béton. Ces logements d’adaptation sont contenus dans des boîtiers de bronze, protégés par un capot ouvrant. Les anches sont uniquement installées à l’occasion d’événements, de concerts ou de démonstrations. Elles sont conservées dans un écrin vitrine. Les pentagones sont surlignés dans la chape par des baguettes en laiton.


Le jardin mis en musique

Débouchant du plancher où le dessin est incrusté, un ensemble de dalles pentagonales se déploie dans l'espace du jardin. Elles prennent des directions changeantes. Les dalles sont constituées d’agrégats minéraux, synthétiques, végétaux ou métalliques coulées dans des coffrages individuels. Elles correspondent aux restes de démolition des architectures successives, aux déchets du chantier.

 

cales
verre
zinc

pentagone n° 14
cales en plastique

pentagone n° 11
bouteilles en verre
pentagone n° 36
chutes de zinc

 

Les sols recouverts de bois

Au moment où les pentacordes passent sur les sols en bois, dans les escaliers, sur les paliers et sur les terrasses en mélèze, ils se projettent de manière discrète sur les surfaces. Une technique propre aux assemblages des bois, le chevillage, pratiquée par les charpentiers, les menuisiers ou les ébénistes est utilisée pour délimiter les contours des pentagones.